Edito, Marché de l'art

La démocratisation de la vente d’oeuvres grâce au digital

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C’est une tendance observée depuis quelques années, le numérique et les réseaux sociaux deviennent progressivement une véritable porte d’entrée pour la découverte et la promotion de la jeune création artistique contemporaine. Entre Instagram, les plateformes de ventes d’oeuvres et les applis, l’écosystème n’a jamais été aussi dense et riche. Une chance véritable pour les jeunes artistes de gagner en visibilité et en popularité auprès d’une cible néophyte ou déjà sensibilisée et pour les amateurs d’art, la possibilité de s’initier facilement à la découverte ou à la vente d’oeuvres de façon interactive et captivante.

L’émergence d’un écosystème artistique 2.0

Le web social bouscule les codes et dans tous les secteurs. Peu ou pas de secteurs sont épargnés. Que ce soit dans les domaines du commerce, du marketing ou de la culture des nouveaux modèles émergent et rompt avec les vieilles traditions, pour mieux se réinventer. L’art contemporain n’est pas en reste, les réseaux sociaux et notamment Instagram jouent aujourd’hui un rôle considérable dans la promotion des oeuvres et des artistes.

Oeuvre de l’artiste Paul Kremer, FROZEN TERRITORY, vue d’exposition

Qu’on se le dise, les chiffres de ce réseau social sont impressionnants :

Chiffres clés Instagram

– 4,2 milliards de likes sont comptabilisés chaque jour
– 95 millions de photos et vidéos sont postées au quotidien
– La croissance s’accélère : les 100 derniers millions d’utilisateurs actifs mensuels ont été gagnés plus rapidement que les 100 millions précédents.
– L’audience d’Instagram a doublé en seulement deux ans.
– 41% des utilisateurs d’Instagram ont entre 16 et 24 ans, selon Global Web Index

Les publications liées à la thèmatique de l’art explosent et progressent toujours plus :
#art : 176,8 millions de publications
#artist : 34,5 millions de publications
#artwork : 17,9 millions de publications

Des chiffres qui donnent qui font tourner la tête mais qui constituent une véritable opportunité pour les artistes mais également pour les acheteurs sur ce réseau dédié à l’image. Les liens de plus en plus ténus qui existent entre promotion artistique Facebook ou encore Instagram ne sont pas dûs au hasard. Ce dernier, désormais propriété de Facebook, se prête parfaitement au domaine de l’art contemporain dans la mesure où le réseau valorise l’image en offrant la possibilité de partager mais également d’y apposer des filtres pour embellir les images publiées. Ludique, divertissant et relativement simple à prendre en main sont autant de facteurs qui font de ce réseau un espace intéressant pour le domaine de l’art contemporain.

Les musées, galeries et institutions culturelles, en général, se dont dotés d’un profil Instagram permettant de grâce aux hashtags et au pouvoir de l’image, de diffuser très facilement auprès d’une audience plus jeune et ciblée, les artistes et les oeuvres. Les musées, à l’image du musée de Versailles, également se digitalisent et proposent parfois de véritables parcours mêlant technologie et découvertes artistiques.

Copie d’écran de la plateforme Artsy

Copie d’écran de l’appli iOS Art Attack

Applis, magazines web, plateformes de vente, agrégateurs d’offre…

En 2017, nombreux sont les applis, webzines, plateformes qui proposent des sélections d’oeuvres et d’artistes à découvrir. Toutefois, les plateformes les plus populaires, à l’image d’Artsy ou Saatchi Art sont celles qui parviennent à concilier un haut niveau de qualité artistique et profondeur de catalogue suffisante pour charmer les audiences.

En effet, la possibilité d’accéder à une offre agrégée et de qualité est de plus en plus simple et de plus en plus populaire. Depuis quelques années le monde de l’art contemporain a compris la nécessité de bouger et de faire bouger les lignes pour parvenir à opérer la sinueuse mais néanmoins nécessaire, transformation digitale. Musées, galeries, institutions ou même artistes peuvent aujourd’hui difficilement faire l’économie de s’intéresser au digital voire de se positionner complètement en mettant en place une véritable stratégie numérique. Mieux encore, les artistes peuvent désormais en s’associant à des plateformes presque s’affranchir des galeries, bien qu’évidemment, le travail réalisé par les galeries reste précieux et d’une importance capitale dans la diffusion de la création artistique.

Les nouveaux modèles de la culture qui se densifient et se structurent

C’est certain, la culture connaît une difficile transition et le marché de l’art connait lui aussi quelques difficultés à se renouveler. Néanmoins, les lignes bougent et de nouveaux modes de collaboration et de partenariat émergent et des nouveaux modèles économiques commencent à exister. Les plateformes de vente en ligne participent également à cette transition en offrant aux acteurs du marché de l’art (galeries, curateurs, artistes…) de la visibilité auprès d’un public jeune et désormais prêts et mûrs à acheter des œuvres sur Internet. Il faut désormais que chaque acteur trouve sa place afin de trouver des partenariats commerciaux efficients pour toutes les parties prenantes.

Vers une démocratisation de la vente d’oeuvres

La croissance de la vente en ligne ne nuit pas à la vitalité des petites et grandes galeries dans la mesure où les plateformes en ligne et les applis ne sont pas des substituts aux galeries mais davantage des solutions alternatives et complémentaires. A l’inverse, l’art en ligne permet d’élargir le nombre de clients potentiels et ouvre de nouveaux marchés que les acteurs du marché de l’art actuel ne pouvaient pas atteindre.

L’acte d’achat en ligne, à l’image du collectionneur initié qui se déplace en galerie, suit un processus bien spécifique de recherche, de découverte et d’analyse. Les e-collectionneurs attendent du web la possibilité d’accéder, facilement, à une offre agrégée à prix justes et accessibles. Les gammes de prix proposés sur Internet sont aujourd’hui moins importantes que les prix des oeuvres en galerie.

Les e-boutiques d’art innovent et imaginent de nouvelles stratégies d’acquisition et de fidélisation qui démontrent que l’achat d’œuvres sur Internet a un fort potentiel dans nos habitudes de consommation quotidiennes. De là à penser que ce canal deviendra une évidence dans quelques années il n’y a qu’un pas. Si il est une chose dont on peut être certain c’est que le web permet la démocratisation de l’achat d’œuvres d’art chez les particuliers et ce n’est qu’un début.

Sources:
– Blog du modérateur, Chiffres Instagram 2017
La FIAC propulsée par Instagram et la scène Internationale
– Artysticom, Instagram, un nouveau moyen pour la promotion de l’art
Rapport Hiscox, « Le marché de l’art en ligne en 2016 »
– ArtPrice, « Rapport sur le marché de l’art contemporain en 2016 »
– France Inter, « Marché de l’art: c’est en ligne que ça se passe désormais »
-Culture Veille, « Nouveaux modèles économiques dans la culture »